C'est quoi "faire le deuil" ?
Qu'est-ce-que cela veut dire ?
En quoi cela consiste-t-il ?
Ces trois mots veulent-ils dire accepter de vivre sans l'autre ?
Cela consiste-il à savoir vivre avec la douleur de la perte ?
Cela signifie-t-il apprendre à vivre sans l'autre ?
Ou encore, est-ce accepter que l'autre ne soit plus qu'un souvenir ?
Ou alors, est-ce accepter que l'on peut rien y changer ?
Ou simplement, admettre son impuissance à changer ce fait ?
C'est une frustration qui torture amèrement.
Qui ne s'est jamais fait cette réflexion : "comment font-ils pour tenir le coup ?
Mais, comment font-ils donc pour parvenir à supporter la tragédie qui les frappe ?"
A compatir et admirer en pensant "ce courage, cette force de caractère dont ils font preuve. Je ne sais pas comment ils font. Moi, je ne pourrais
pas."
Et pourtant, il faut bien !
Quel autre choix possible ?
La vie et la mort apparaissent comme deux réalités parallèles.
Ou une fin, point à la ligne.
Le néant, le rien, le vide...
Quel sens peut bien avoir ce terme ?
Comment accepter, tolérer ou se résigner ?
Alors qu'il s'agit d'une amputation à vif d'un membre.
Qu'y-a-t-il de plus grave que la mort d'un homme ?
Existe-t-il une valeur au dessus de la vie humaine ?
Cela ne mérite-t-il pas que la terre s'arrête de tourner juste un instant ?
Lorsque des ombres subsistent et les questions demeurent.
Serait-ce indécent ou déraisonnable de souhaiter que la terre s'arrête de tourner juste le temps d'obtenir les réponses sur les causes et circonstances de la
mort de nos proches ?
Jusqu'à ce que le mystère soit résolu.
Que toute la Vérité soit enfin révélée.
Et connue de tous.
Puis elle reprendrait le cours de sa ronde.